Construire le « vivre-ensemble » au quotidien et tisser les liens avec les habitants locaux
- Héberger
La maison a une capacité d’accueil de 18 personnes, en chambres simples ou doubles. Le rez-de-chaussée, ouvert à tous, offre un salon, une salle à manger, une cuisine et une salle de classe, l’ensemble étant ouvert de part et d’autre sur les jardins.
L’association est locataire de la Fondation d’Auteuil, grâce à laquelle nous avons emménagé dans des locaux entièrement rénovés et mis aux normes début 2019.
Loin d’un lieu d’hébergement anonyme, la résidence est une maison, chaleureuse et accueillante pour ceux qui y vivent (demandeurs d’asile résidents), pour ceux qui y travaillent (salariés, bénévoles) et pour ceux qui la visitent (amis, partenaires). Au-delà du fonctionnel, la spécificité de notre maison repose sur :
- L’attention à la beauté du cadre de vie
- La place donnée à la créativité de chaque habitant (peinture, décoration…)
- Le principe d’une maison ouverte à tous et accueillante, fondé sur la confiance
- La recherche d’une harmonie entre l’homme et la nature : recherche d’un mode de vie collectif le plus écologique possible, lien entre la maison et les jardins au milieu desquels elle s’intègre.
Chacun participe à tour de rôle aux tâches quotidiennes (cuisine, ménage…).
- Nourrir
Les repas sont un temps fondamental pour réunir au quotidien les résidents, les bénévoles, les salariés et les visiteurs de passage : valorisation des talents de cuisiniers des résidents, support à l’apprentissage de la langue et aux échanges interculturels, incitation à une alimentation saine, travail sur la convivialité.
La cuisine est réalisée à tour de rôle par un binôme de résidents, dans l’objectif de favoriser les échanges et les apprentissages. Des ateliers cuisine hebdomadaires permettent à des bénévoles français de se joindre aux résidents pour cuisiner ensemble.
Nous cuisinons bien sûr les légumes de notre potager, pour la plus grande fierté de tous. Pour les autres aliments, outre des courses classiques, l’association est bénéficiaire de la Banque Alimentaire, avec laquelle nous construisons un partenariat privilégié.
En synthèse, les demandeurs d’asile deviennent pleinement acteurs de leur alimentation, depuis le potager jusqu’à l’assiette. En cela, nous visons un impact durable sur les personnes accueillies : amélioration de la santé par l’accès à une alimentation saine et équilibrée, apprentissage de la cuisine et capacité à mener une vie autonome en France après leur sortie de notre association, estime de soi et dignité, intégration socio-culturelle.
- Accompagner dans les démarches administratives et juridiques et apporter un soutien personnalisé
Une référente sociale à temps plein est chargée de l’accompagnement administratif, juridique et personnel des résidents. Nous accueillons également régulièrement des stagiaires en travail social.
L’accompagnement se structure en trois étapes :
- L’accueil :
La Terre en Partage n’est pas une structure du « Dispositif National d’Accueil » coordonné par l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII). L’association est indépendante, tout en maintenant une communication régulière avec l’OFII afin de garantir le suivi des personnes accueillies. Du fait de ce statut particulier, la spécificité du projet est d’accueillir les demandeurs d’asile sur la base du volontariat.
Les candidats peuvent nous être orientés par des travailleurs sociaux des structures d’hébergement du Dispositif National d’Accueil ou de la structure de premier accueil (SPADA). Nous avons également mis en place depuis 2021 un deuxième processus d’orientation, complémentaire du premier, en direct : nous avons créé des supports (flyers et films) dans différentes langues, s’adressant directement aux demandeurs d’asile nouvellement arrivés en France. Notre accueil s’est ainsi élargi à des personnes situées sur l’ensemble du territoire (et non plus seulement dans le Limousin). De nouveaux candidats sont ainsi arrivés par deux canaux : l’orientation par des bénévoles de terrain engagés auprès de personnes nouvellement arrivées sur le territoire, et le « bouche-à-oreille » de nos résidents et anciens résidents auprès d’amis ou compatriotes.
Au terme d’une journée d’immersion, le demandeur d’asile et La Terre en Partage valident ou non chaque candidature (choix réciproque) et en informent l’OFII. La Terre en Partage et chaque demandeur d’asile accueilli signent alors un contrat d’accueil, valable pour toute la durée de la procédure de demande d’asile.
Lorsque nous accueillons un nouveau résident, nous prenons le relais des démarches amorcées dans d’autres structures ou, pour les résidents venant d’arriver sur le territoire, nous les accompagnons dès les premières étapes, du point de vue de la demande d’asile (SPADA, préfecture), des démarches administratives (ouverture des droits à la CMU, d’un compte bancaire…) et de la santé (dépistage de la tuberculose, vaccination…)
La majorité des nouveaux résidents étant placés en procédure « Dublin », notre accompagnement s’adapte aux singularités de ce statut : organisation des allers-retours mensuels à Bordeaux, adaptation psychologique à une période d’attente indéterminée…
- L’accompagnement tout au long du séjour :
Au-delà des étapes administratives clés que sont la préparation des dossiers et entretiens pour l’OFPRA et la CNDA, la référente sociale est présente et disponible au quotidien sur le lieu de vie, afin de permettre une réponse réactive aux besoins des résidents (santé…).
- La préparation de la sortie :
La Terre en Partage accueille les demandeurs d’asile dans le respect de la réglementation en vigueur, notamment le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), au même titre que les structures du Dispositif National d’Accueil. Ainsi, à l’issue de leur procédure de demande d’asile, les résidents doivent quitter l’association, dans un délai de trois mois s’ils ont obtenu une protection internationale (statut de réfugié ou protection subsidiaire) ou dans un délai d’un mois s’ils ont été déboutés.
Par ailleurs, l’association a mis en place une possibilité de sortie volontaire en cours de procédure, permettant aux résidents qui ne souhaitent plus participer au projet spécifique de La Terre en Partage de quitter notre structure, tout en gardant le droit aux Conditions Matérielles d’Accueil (allocation, accompagnement social, droit à un autre hébergement) de l’OFII. Cette possibilité, qui n’existe pas dans les structures classiques d’hébergement, est la clé d’une adhésion volontaire de chacun tout au long de son séjour.
Enfin, d’autres types de sorties peuvent se produire : départ du fait d’une procédure Dublin, exclusion pour manquement grave au contrat d’accueil, départ à l’issue de l’obtention d’un autre titre de séjour.
L’accompagnement à la sortie est fondamental, travaillé « sur-mesure » par l’ensemble de l’équipe salariée, en plaçant le résident en position d’acteur de la construction de son avenir. En particulier, pour les résidents ayant obtenu une protection internationale, le travail sur les projets professionnels et l’accompagnement à l’insertion professionnelle est particulièrement structurant.
Outre ce soutien matériel et humain, l’association verse un soutien financier à chaque demandeur d’asile participant. Cette allocation est versée du seul fait que la personne participe à la vie de la communauté. Elle n’est, en aucun cas, la contrepartie d’un travail. Son montant n’est déterminé par aucun critère de « productivité » ou d’ancienneté. Elle est due dès le premier jour de présence et ne peut faire l’objet d’aucune retenue. Elle est distribuée en fin de mois. Son montant est fixé à 150 € par mois. Notons que cette indemnité liée à la participation à l’OACAS, versée par notre association, se cumule avec l’ADA versée par l’OFII aux demandeurs d’asile qui bénéficient des « Conditions Matérielles d’Accueil » (actuellement 6,80€ par jour, soit 204 € par mois de 30 jours).
- Permettre la participation des demandeurs d’asile à l’organisation de la vie quotidienne
Un Conseil de Maison hebdomadaire, réunissant demandeurs d’asile, salariés et bénévoles, permet à chacun de s’impliquer dans l’organisation concrète de la vie quotidienne (répartition des tâches, montage de projets, débats…).
L’association est dirigée par un Conseil d’administration de 12 personnes, dont font partie 4 résidents élus lors de l’Assemblée Générale. Les demandeurs d’asile participent ainsi à la vie démocratique de l’association et relaient au sein des instances les idées et demandes des résidents, permettant ainsi le lien entre la gouvernance et la vie quotidienne.
Du point de vue de l’apprentissage de la citoyenneté, un important travail porte sur le vivre-ensemble : échanges autour des valeurs fondamentales (respect, égalité, liberté…), prévention du harcèlement et des discriminations.
- Ouvrir le lieu de vie sur l’extérieur
La création de lien social entre demandeurs d’asile et habitants locaux est au cœur du projet de La Terre en Partage. C’est pourquoi notre vie quotidienne est rythmée par l’organisation d’événements ouverts au public, la joie de célébrer ensemble des fêtes, la préparation de sorties en partenariat avec d’autres acteurs du territoire.
